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 Bataille d'Albuera

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MessageSujet: Bataille d'Albuera   Lun 5 Nov - 15:08

À la Bataille d'Albuera qui se déroula le 16 mai 1811 pendant la guerre d'Espagne, les alliés Britanniques, Espagnols et Portugais repoussent l'armée française du maréchal Soult à Albuera, à environ 20 kilomètres au sud de Badajoz, en Espagne.

Contexte [modifier]
Les Français tentent de renouveler leur invasion du Portugal de l’année précédente. Soult met ses troupes en mouvement pour dégager Badajoz, assiégée par les Anglais alors que Masséna fait de même vers Almeida. Les Français sont repoussés avec de lourdes pertes.

Les forces combinées anglo-portugaises sont sous le commandement de William Carr Beresford, maréchal de l'armée portugaise, les forces espagnoles sont commandées par le général Joaquín Blake.

Wellington passe l'hiver 1810-1811 à tenir la solide ligne de fortifications de Torres Vedras qui protége Lisbonne. Les troupes de Masséna, incapables de la prendre d'assaut, hivernent en face de cette ligne. Elles subissent des difficultés de ravitaillement, et ont des problèmes de survie. En mars 1811, Masséna reconnait le caractère intenable de la situation et se replie sur la forteresse de Ciudad Rodrigo, située en Espagne à la frontière avec le Portugal. Cette forteresse garde la route du Portugal à Salamanque. Il laisse une petite garnison dans la forteresse portugaise d'Almeida. L'hivernage face aux lignes de Torres Vedra et la retraite précipitée ont largement détruit la capacité offensive de son armée.

Au sud du Tage, la forteresse portugaise d'Elvas et la forteresse espagnole de Badajoz se dressent sur la même route allant du Portugal vers Madrid. Les opérations françaises dans cette zone sont sous la responsabilité de Soult, qui est par ailleurs très occupé, entre autre à poursuivre le siège de Cadix). En janvier 1811, Soult dépouille les lignes faisant le siège de la vile, afin de rassembler une armée de campagne et faire mouvement vers Badajoz. Les forces britanniques et espagnoles en profitent pour tenter de briser le siège, en déclenchant la bataille de Barrosa le 8 mars, qui est une défaite tactique pour les Français, mais n'est pas exploitée en vue de rompre le siège. Badajoz capitule le 10 mars [1], et Soult retourne sans attendre dans la région de Séville afin de reprendre le siège de Cadix et prévenir toute répétition des conditions qui avaient conduit à Barrosa

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MessageSujet: Re: Bataille d'Albuera   Lun 5 Nov - 15:09

Wellington considére que les quatre forteresses mentionnées ci-dessus doivent être prises afin de protéger le Portugal de toute nouvelle invasion, et de permettre l'entrée en Espagne des forces anglo-portugaises[2]. Il décide donc de diviser ses forces et de tenter de prendre à la fois Almeida et Badajoz. 20 000 hommes, dont 10 000 Britanniques, sous les ordres de Beresford sont affectées au siège de Badajoz, alors que lui-même marche avec environ deux fois cet effectif sur Almeida.

Il n'a cependant pas vraiment le matériel de siège nécessaire, et effectue le blocus d'Almeida, avec une force de couverture à l'Est. L'attaque de cette position par Masséna est repoussée à la Bataille de Fuentes de Oñoro le 5 mai. En conséquence, Almeida est évacué par la garnison française, le 11 mai, au cours d'un des épisodes les plus humiliants de l'histoire de l'armée britannique: la garnison dans son entier se glisse à travers les lignes de siège sans perdre un homme ni provoquer l'alarme.

Pendant ce temps, Beresford rassemble son matériel à partir d'anciens canons portugais venant d'Elvas, et commence les opérations de siège contre Badajoz le 8 mai. Avec 591 hommmes du régiment de uhlans polonais de la Vistule et un régiment de grenadiers, en provenance des quatre régiments d'infanterie du Duché de Varsovie, sous les ordres du colonel Varrere (soit environ 24 000 hommes), Soult marche au secours de la ville. Beresford fait mouvement vers Albuera, forte position de couverture sur une crête orientée nord-sud, à proximité de la route Badajoz-Séville et à 20 km de Badajoz. 12 000 soldats espagnols, sous les ordres de Blake stationnés plus loin au sud, marchent pour le rejoindre.

Le 15 mai l'écran de cavalerie de Beresford fort de 2 500 hommes est aisément refoulé de la rive droite de la rivière Albuera par la cavalerie française [3]. Dans les premières heures du 16 mai, à l'insu de Soult, les forces de Blake rejoignent celles de Beresford, et sont déployées au sud de la position.

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MessageSujet: Re: Bataille d'Albuera   Lun 5 Nov - 15:10

Déroulement de la bataille [modifier]
Le plan de Soult est de feindre, avec une brigade, une attaque sur la ville d'Albuera et de garder le gros de ses forces pour un large mouvement de flanc par le sud, dirigé contre l'aile droite alliée. Quatre pelotons de Uhlans polonais traversent l'Albuera. Le général Long répond en déployant deux escadrons du 3e dragons de la garde.

Le premier escadron de ce régiment est détruit par les deux pelotons polonais. Quand le deuxième escadron attaque, et quand le feu devient trop intense, les Polonais battent en retraite de l'autre côté de la rivière, sous le feu des dragons britanniques. Les Polonais comptent 14 morts et 3 blessés, contre 20 morts et blessés chez les Britanniques.

Une brigade d'infanterie française commandée par le général Godin repousse une brigade de la Légion Royale Allemande (KLG) du général von Alten. Ils traversent la rivière sur un pont mais subissent de lourdes pertes de l'artillerie portugaise, ce qui provoque le retrait du village d'une partie des allemands.


Attaque française de flanc [modifier]
Beresford détecte le mouvement de Soult et tente de redéployer ses forces. Les forces espagnoles (sur lesquelles l'attaque de flanc doit tomber) reçoivent l'ordre de faire face au sud. La 2e division britannique du général Stewart postée derrière Albuera est remplacée par une division portugaise et fait mouvement vers le sud afin d'étendre le flanc droit vers l'Ouest, restant échelonnée derrière les Espagnols. La 4e division du général Cole demeure en réserve. Cependant Blake, qui commande les Espagnols, refuse de bouger ses troupes car il est sûr que l'attaque principale va porter sur le village d'Albuera.

Quand le Ve corps français du général Girard commence son attaque contre les trois divisions espagnoles des généraux Zayas, Lardizabel et Ballesteros, seul Zayas à pris l'initiative de faire aligner ses hommes et peut faire face à l'attaque. Les flancs du Ve corps sont couverts par de l'artillerie montée. Sur le flanc gauche du Ve corps, une division française de dragons, sous le commandement du général Latour-Maubourg prend position. Sur son flanc droit se tient la division d'infanterie du général Werle.


Destruction de la brigade de Colborne [modifier]
La 2e division d'infanterie du général Stewart, accompagnée d'une batterie du KLG, fait mouvement pour donner assistance aux Espagnols de Zayas. La brigade de Colborne avance déployée en ligne pour faire feu sur le flanc gauche de la colonne française qui attaque.[4] Les Français sont foudroyés et Stewart ordonne la charge. Cependant, à ce moment là, une averse réduit la visibilité, rendant très difficile la mise à feu des mousquet. L'infanterie britannique est déployée en ligne, avec peu ou pas du tout de puissance de feu et ignorante du fait que la cavalerie française, qui a effectué un large mouvement de flanc, se trouve sur sa droite et derrière elle.


A ce moment, le général Latour-Maubourg envoie le régiment de uhlans et le 10e régiment de hussards contre eux. Les trois régiments britanniques (le 3e, le 2/48e et le 66e régiment d'infanterie) sont presque totalement anéantis. Le 31e régiment d'infanterie réussit à former le carré juste à temps pour se sauver de la destruction par les lanciers franco-polonais. Les uhlans capturent cinq drapeaux et cinq canons de la batterie des KLG. Pendant ce temps, des troupes attaquent un bataillon du 31e, mais sont repoussés. Les uhlans attaquent ensuite une brigade espagnole commandée par le général d'Espana et l'état major de Beresford. Une partie des troupes espagnoles, principalement celles des divisions de Ballesteros et de Lardizabal s'échappent. Cette partie de la bataille se termine par une attaque sans succès du 4e régiment de dragons britannique, qui perd 27 hommes.

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MessageSujet: Re: Bataille d'Albuera   Lun 5 Nov - 15:11

L'attaque échoue [modifier]
L'attaque française tombe alors sur la brigade de Houghton[5] de la 2e division, qui tient sur place en dépit de lourdes pertes. Tôt dans la bataille le colonel William Inglis, du 57e régiment d'infanterie (West Middlesex) est blessé par de la mitraille qui perfore un de ses poumons.[6] Il refuse d'être porté à l'arrière et reste couché au pied des couleurs. Tout au long de la bataille on pouvait entendre sa voix répéter calmement "Vendez chèrement votre vie 57e ,vendez...." . En faisant ce qui leur était demandé le 57e gagne un surnom impérissable "Les durs à cuire"[7] et le seul régiment à avoir le droit de porter la distinction "Albuhera" aussi bien sur leurs couleurs que sur le badge de leur casquette. Jusque là la bataille s'est bien déroulée pour les Français. Cependant, Soult se rend compte que Blake a fait sa jonction avec Beresford et il hésite à engager ses réserves.

La 4e division de Beresford sous les ordres de Lowry Cole monte alors à l'attaque de la crête en venant de l'ouest. La brigade de Fusiliers[8], la 11/23 brigade portugaise et le 7e chasseur portugais s'y distinguent particulièrement. Ils repoussent les charges de cavalerie des dragons et des uhlans, et s'avancent à faible distance des colonnes françaises. Ils échangent des tirs de mousquet pendant 20 minutes, souffrant la perte de 1 000 hommes. L'infanterie française a souffert au moins aussi durement, mais finit par lacher lorsque les survivants britanniques lancent une violente charge à la baïonnette.

L'engagement se termine de façon non concluante après un combat très sanglant, la cavalerie polonaise de Soult détruit toute une brigade britannique, alors que les Espagnols repoussent l'une des plus puissantes attaques d'infanterie française de cette guerre.[9]


Conséquences [modifier]
Soult n'est pas parvenu pas à faire lever le siège de Badajoz, qui est abandonné un peu plus tard, quand le maréchal Auguste Marmont joint ses forces aux siennes. La ville ne tombe aux mains des alliés qu’en avril 1812.

Albuera eut peu d'effet sur le déroulement de la guerre. Mais l'efficacité des lanciers polonais conduisit l'armée Britannique à convertir quelques régiments de cavalerie en lanciers après Waterloo. Cette bataille aussi confirma la qualité combative de l'Armée Portugaise après sa réorganisation par les Britanniques

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MessageSujet: Re: Bataille d'Albuera   Lun 5 Nov - 15:12

Sources [modifier]
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais : « Battle of Albuera »

Notes et références [modifier]
↑ On suppose suite à la corruption de responsables plutôt que d'opérations militaires
↑ Les villes fortifiées étaient particulièrement importantes à cause du mauvais état des voies de communication dans la péninsule ibérique : elles étaient difficiles à contourner et la logistique nécessaire au déplacement et à l'approvisionnement du matériel de siège restait problématique
↑ Le général de brigade britannique responsable fut relevé de son commandement un peu plus tard
↑ La tactique française consistait alors à lancer des colonnes compactes à l'assaut, comme on lance un buttoir, pour défoncer les lignes ennemies en enlevant la position à la baïonnette, cette formation présentait par contre l'inconvénient d'offrir une cible optimale aux salves de mousquèterie et à la mitraille des canons ennemis, et de boucher le champs de tir des assaillants à partir du troisième rang. Alors que la tactique britannique, consiste (en l'absence de menace sérieuse de la cavalerie ennemie, auquel cas on prévoyait aussi l'ordre compact avec formation en carré), à attendre l'assaut en déployant les troupes en ordre peu serré sur trois rangs, afin d'offrir un bon angle de tir à tous les soldats, qui pouvaient non seulement viser le front de la colonne ennemie, mais grâce au large déploiement harasser aussi ses flancs. C'est précisément ce que Colborne fit à ce moment-là. Les soldats britanniques étaient entrainés à tirer et recharger au moins trois à quatre fois à la minute. Cette tactique permettait au second rang, puis au troisième de passer au premier rang pour décharger leurs armes, pendant que le premier rang rechargeait les siennes, et ainsi de suite, délivrant un feu roulant continu. Bien que le bilan des pertes montre que tous les tirs n'atteignaient pas une cible, (la visibilité était rapidement bouchée par le nuage de fumée) ce feu roulant avait un effet dévastateur sur le moral des colonnes car il provoquait une hécatombe dans leurs premiers rangs, et tous les assaillants devaient enjamber les morts et les blessés pour poursuivre l'assaut. Les mousquets de l'époque, à canon lisse, perdaient toute précision au delà de 50 à 60 mètres, faisant de ce genre d'assaut une course de vitesse entre la progression des colonnes dans les derniers 100 mètres et la capacité des défenseurs à maintenir un feu roulant meurtrier. Par contre le déploiement en ligne ne permettait aucune résistance aux attaques de la cavalerie qui arrivaient au contact avant que les fantassins n'aient pu tirer une deuxième salve.
↑ 29e régiment d'infanterie, 1/48e régiment d'infanterie et 57e régiment d'infanterie
↑ Le colonel Inglis ne mourut pas de ses blessures et survécut pour atteindre le grade de lieutenant-général
↑ Jeu de mot intraduisible de l'anglais au Français "Die hard" à l'impératif signifiant vendez chèrement votre peau, du verbe to die: mourir, et comme surnom "Die hard" signifie trempé dur, ou dur à cuire, du nom die:moule, matrice
↑ 7e régiment d'infanterie et 23e régiment d'infanterie
↑ La ténacité des bataillons du général Zayas à Albuera mérite une bien meilleure réputation que celle qu'elle reçoit. La Guerre d'Espagne revêt une grande importance dans la tradition de l'armée britannique. Il est malheureux qu'une grande partie de cette tradition prenne un caractère anti-Espagnol, beaucoup plus qu'il n'est anti-Français.

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MessageSujet: Re: Bataille d'Albuera   Lun 5 Nov - 16:42

Quleques apports tactiques :

forces en présence :

françaises : entre 17 000 (selon les Français) et 24 000 (selon les Anglais)
alliées : 35 284 dont 7 000 Anglais et 10 000 Portuguais.

Pertes :

françaises : 4 000 (selon Soult), 7 000 probablement.
Alliées : 4 000 Anglais, 2 000 Espagnols, 400 Portuguais.


Wellington mauvais joueur ?

Quand Wellington arriva trois jours plus tard et qu'il prit connaissance des faits, il rispota : "Celà ne peut aller. Les Anglais en deviendraient tous fous. Faites en une victoire." Ainsi fut truquée la dépêche ... "


Source : dictionnaire de la Grande Armée. A Pigeard
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MessageSujet: Re: Bataille d'Albuera   Lun 5 Nov - 20:40

Albuera...Grand moment dans l'histoire des Buffs (le 3e régiment d'infanterie) qui faisait parti, comme le signale Baguette, de cette pauvre Brigade de Colborne.

Le Duc mauvais joueur? Je pense pas...L'objectif français était de détruire l'armée de Beresford et il n'a pas fait donc victoire britannique logiquement.

Je vais également poster le déroulement de cette bataille du point de vue d'un de mes historiens favoris. study
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MessageSujet: Re: Bataille d'Albuera   Lun 5 Nov - 23:03

Marc, tu dis ça parce que les Anglais l'ont finalement emporté en Espagne. Comme il est dit dans le commentaire de La Baguette, la bataille n'a pas eu de conséquence sur la suite donc c'est ce que l'on peut appeler une victoire tactique. (de plus 4000 hommes anglais hors combat sur 7 000 si c'est pas détruit c'est quand même bien entamé, du côté français aussi)
Il y a 6 drapeaux aussi de perdus, bon ce n'est pas très important sur le plan stratégique.

Mais il faut bien reconnaitre et Wellington l'avoue lui même, ce n'est pas un français qui le dit, il faut un peu travestir la "vérité". Exactement comme Napoléon à Eylau.

Ou bien c'est une victoire à la pyrrhus. (C'est à dire encore 2 comme celle là et tu déclares forfait faute de combattants)

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MessageSujet: Re: Bataille d'Albuera   Mar 6 Nov - 3:02

Non, non...Je dis cela parceque c'est ce qui est inscrit dans les livres d'histoire en Angleterre. Par contre, pour l'histoire de la pertes de 6 drapeaux, aucune allusion dans les textes apart qu'ils signalent que les drapeaux des Buffs, du 48th et du 66th ont étés perdus lors des combats mais capturés à nouveau lors de la contre-attaque allié.

Voici en tout cas, le déroulement de la bataille vu par un de mes historiens préféré (qui est anglais):

BATTLE OF ALUBERA

Pendant, que les armées de Massena et de Wellington étaient en train de se déchirer dans les rues de Fuentes de Onoro le 5 mai 1811, Beresford, plus loin au sud, établit un siège sur la ville de Badajoz.

La petite garnison française n'avait pas encore eu assez de temps de réparer et fournir sa forteresse mais il fallait pas plus qu'une semaine d'attente pour recevoir les nouvelles que Soult, avec 25.000 hommes, était en train de marcher à son secours après avoir pacifié l'Andalusie derrière lui. Beresford, avec les armées espagnoles de Blake et de Castanos, marcha à sa rencontre afin d'éloigner toute possibilité à Soult de rejoindre Badajoz - bien qu'il fût obligé de lever le siège lui-même.

Le 15 et mai, Beresford concentra ses forces sur un terrain plat autour de la ville de Albuera, sur la route de Santa Marta à Badajoz. L'ampleur de la boucherie qui allait suivre restera dans l'histoire de l'armée britannique comme une de ses plus sanglantes journée.

Tôt le matin du 16, Soult se lanca vers la ville, alors que Beresford était toujours en train d'établir sa ligne de bataille.

Ce dernier avait placé la brigade de King's German Legion de von Alten dans la ville-même et derriére, toute la 2e Division arrangée dans une ligne de 2-rangs. Son flanc gauche était tenu par 11 bataillons portugais des brigades de Hamilton et Collins. La 4e Division de Lowry Cole était en réserve au centre avec l'infanterie espagnole de l'armée de Castanos, sous les ordres de Carlos de Espana. Quand au flanc droit, celui-ci était tenu par 3 divisions d'infanterie espagnoles de l'armée de Blake. Au total, les Alliés disposaient de 35.000 hommes (dont 8.738 britanniques, 9.131 portugais et 12.593 espagnols dans l'infanterie; 1.146 britanniques, 849 portguais et 1.886 espagnols dans la cavalerie) et 48 canons (24 pièces britanniques, 12 pièces portugaises et 12 pièces espagnoles).

Soult disposait de 24.260 hommes don 19.015 étaient fantassins et 4.012 étaient cavaliers.

Plusieurs démonstrations françaises contre le centre de l'armée allié avait convaincu Beresford que c'était à ce point-là que la bataille sera décidée mais une force considérable de français apparu au loin de son flanc droit. La cavalerie espagnole fût dispersée avec facilité et cette force de frappe, composée par 19 bataillons en provenance des brigades de Gazan et Girard soutenu par la cavalerie de Latour-Maubourg, continua sa marche afin de renverser le flanc de l'armée allié.

Beresford ordonna à Blake de faire pivoter ses bataillons afin de faire face à cette menace mais pour une raison ou une autre, Blake fera manoeuvrer uniquement les 4 bataillons de la division de Zayas. Ignorant complétement ce détail, Beresford parti au galop pour donner l'ordre à la 2e division britannique de soutenir les espagnols. Avant que cette dernière ne démarre sa marche, une marre de 8.400 fantassins français se jetta sur la petite ligne de Zayas.

Les 4 bataillons de Zayas se montera à la hauteur avec un courage jamais vu avant (ni après) de la part des armées espagnoles. Ils resta sur leurs positions et échanga salve après salve avec les français. C'est à ce moment que les premiers éléments de la 2e division britannique, la brigade de Colborne, arriva sur la scéne. Beresford avait ordonné à Stewart (le commandant de la 2e Division) de former une ligne derriére les espagnols mais ce dernier, voyant le courage de Zayas, décida d'envoyer Colborne sur le flanc droite de la ligne espagnole afin de tirer sur le flanc gauche des colonnes françaises. Ce plan marcha à merveille lorsqu'une tempête s'éclata brusquement.

Fusils et cartouches trempées, et la visibilité génée par la pluie et les nuages de fumés, ils n'ont pas aperçu la charge de cavalerie la plus terrible de toute la guerre avant qu'il ne soit trops tard et que le 1er régiment de lanciers de la vistule et du 2e hussards tomba sur la brigade de Colborne.

La lance est une arme terrible contre de l'infanterie en ligne et les polonais ne donna aucun quartier aux britanniques. En moins de 5 minutes, les trois premiers bataillons de Colborne (I/3rd Buffs, II/48th et II/66th - le I/31st ayant eu le temps de se former en carré) fût entiérement anéantis. Les pertes fûrent affreuses (85% pour les Buffs, 76% pour le 48th et 61% pour le 66th d'un total de 80 officiers et 1.568 soldats) et 58 officiers et 1.190 soldats fûrent mutilés, tués, blessés, renversés ou capturés. La cavalerie française poursuiva sa charge et la deuxieme brigade de la 2e division (celle de Hoghton) tira quelques salves pour la stopper. Après que la cavalerie française fût renvoyée à ses lignes, Hoghton et Abercrombie arriva en ligne permettant ainsi à Zayas de se retirer, ayant perdu 1/3 de ses effectifs.

Avec le seul bataillon survivant de la brigade Colborne (I/31st) les tunics rouges de Hoghton et Abercrombie (3.700 fantassins) se ranga sur un ligne de 2-rangs pour faire face à 7.800 fantassins français. A une distance de seulement 20 mètres, ces deux formations s'échanga salve après salve pendant une heure. Le prix était cher pour les deux parties. Aveuglé par la fumé et moins nombreux avec chaque salve ennemi, les bataillons britanniques poursuivient le combat parmi leurs morts et leurs blessés. A chaque décharge ennemie, les survivants serraient les rangs et se rapporcha petit à petit aux drapeaux situés au centre de leur bataillon. A un moment, la ligne ne pouvait plus couvrir la colonne adverse mais 2.000 français avaient perdu leur vies pour ce privilége.

Les efforts de Beresford de renforcer cette ligne avec les bataillons du général de Espana fûrent sans succés. A un instant, il prit un colonel espagnol par le col et marcha vers le carnage mais son régiment refusait de suivre! Heuresement que Lowry Cole avait eu l'idée d'avancer sa 4e division vers la nouvelle ligne de front, rejoins les survivants de la 2e division et se mise en place sur le flanc gauche des français. Salve après salve fûrent tirés sur les colonnes françaises et une charge par la brigade des Fusiliers (les 7th Royal Fusiliers et 23rd Royal Welsh Fusiliers) mis les français en déroute.

Après 4 heures de combat, Soult était forcé à se replier sur ses positions initiales alors que les Alliés étaient toujours en posséssion de la ville.

Soult se retira le lendemain et les Alliés n'entama aucune poursuite. La plupart des brigades de Beresford avaient trops peu de survivants pour une telle tâche. Les pertes de cette bataille sont 4.199 britanniques, 1.368 espagnols et 389 portugais. Les pertes français ne sont pas exactement connue mais sont reconnue à entre dans les 7.000 hommes. La tentative de rejoindre la garnison de Badajoz de la part de Soult avait échoué mais au prix fort des soldats britanniques.

Une comparaison entre les deux batailles du mois de Mai 1811 est inévitable. A Fuentes de Onoro, Wellington à battu un nombre supérieur d'ennemi pour 1.800 soldats tués ou blessés; à Albuera, Beresford avait battu un nombre inférieur d'ennemi avec la perte de 5.950 soldats.

Source: Windrow, Martin "Military Dress of the Peninsula War 1808-1814" (1971) W & G Publishers (pg.124-126)
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MessageSujet: Re: Bataille d'Albuera   Mar 6 Nov - 12:42

Citation :
Après 4 heures de combat, Soult était forcé à se replier sur ses positions initiales alors que les Alliés étaient toujours en posséssion de la ville.

Soult se retira le lendemain et les Alliés n'entama aucune poursuite. La plupart des brigades de Beresford avaient trops peu de survivants pour une telle tâche.

Nous sommes ici, dans le même cas de configuration que la bataille d'Eylau. Chacun est resté sur sa position au final et l'un des participants quitte le champ de bataille. Napoléon se dit victorieux à Eylau et pourtant tout le monde le conteste (dans l'autre camp).

Citation :
L'ampleur de la boucherie qui allait suivre restera dans l'histoire de l'armée britannique comme une de ses plus sanglantes journée.

Voila ce que veut cacher Wellington avec sa victoire, les pertes anglaises.

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MessageSujet: Re: Bataille d'Albuera   Jeu 8 Nov - 20:50

Bah...J'applique la même régle que tout le monde dans ce cas de figure: Le gars qui quitte le champ de bataille (sauf si son objectif est de la quitter en premier lieu) est le perdant. Donc, pour moi: Eylau est une victoire française et Albuera une victoire alliée...et une boucherie.

J'ignore la phrase que cite Pigeard concernant le "cover-up" assez moderne de Wellington. Dans toutes les sources que je possède où connue (y inclus moulte bibliographies), aucune allusion y est faite.

Albuera est considérée une boucherie pour les anglais mais une victoire ainsi qu'une représentation de la tenacité du soldat anglais qui est globalement reconnu. D'ailleurs, en Angleterre, ils citent une phrase attribuée à Soult lors de cette bataille:

"Mais qu'est-ce que c'est ces anglais? Je les ai percé les flancs, j'ai enfoncé leur centre et ils ne réalisent pas qu'ils ont donc perdus?"
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