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 Sous-off...

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Petit mangin
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MessageSujet: Sous-off...   Lun 8 Oct - 9:34

J’ai pris la décision de mettre en copie mes pavés sur ce forum.
Le forum de la fédé n'aura plus l'exclusivité.


Dernière édition par le Lun 8 Oct - 9:35, édité 1 fois
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Petit mangin
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Lun 8 Oct - 9:35

LES SOLDATS NAGEURS

(1800)


Pourquoi ne dirions-nous pas un mot de ces braves, dans un volume consacré aux plus humbles héros de nos armées. Du reste, il y avait plusieurs sous-officiers parmi les intrépides soldats conduits dans une entreprise dangereuse par le vaillant capitaine Gromety.
Pendant que Bonaparte remportait la victoire de marengo, le général Moreau, à la tête d’une autre armée, suivait la vallée du Danube. Mais, l’approche des français étant signalée, les ponts étaient rompus jusqu’à Donauwerth. Le général Lecourbe arrive le premier au bord du fleuve ; et, pour suppléer au manque de barques, il forme une compagnie de quatre-vingt-dix soldats nageurs, dont il confie le commandement au capitaine Gromety. Un intrépide officier était déjà allé hardiment, sur l’autre rive, enlever deux nacelles qui allaient servir à porter les armes et les habits des hommes.
Les soldats, sans la moindre hésitation, se jettent à la nage ; et, arrivés à l’autre bord, sans s’occuper de leurs vêtements, ils se précipitent sur leurs armes, prennent leurs fusils et s’élancent sur le premier poste ennemi qui, surpris par cette attaque imprévue, ne peut se défendre et est fait prisonnier. Fiers, de ce premier succès, les soldats nageurs attaquent avec la même intrépidité un plus fort détachement, et s’emparent d’un village. Mais, ils sont un moment arrêtés par un poste de cavalerie qu’ils forcent bientôt à rétrograder en s’embusquant derrière des haies et en opérant un feu bien nourri.
Pendant ce temps, un hussard qui est parvenu à passer le Danube, dans une des nacelles qui avaient porté les armes, paraît à cheval, et, payant d’audace, commande : En avant !…
A la vue de ce cavalier, l’ennemi déjà troublé s’imagine qu’un pont est établi et qu’il a affaire à plusieurs escadrons. Il fait sa retraite en désordre, laissant les Français libres de traverser tranquillement le fleuve.

*
* *

Ajoutons à la suite de quels évènements Moreau avait conduit ses troupes jusqu’à Donauwerth. Ce grand général, l’un des plus illustres de cette période si glorieuse pour nos armes, envoyé en Italie en 1799, avait trouvé l’armée dans une position difficile. Après la mort de l’intrépide Joubert, à Novi, il fit une savante retraite. Chargé, pour la seconde fois, du commandement de l’armée du Rhin, il passa le fleuve (1800), remporta plusieurs victoires sur les Autrichiens, repoussa le général Kray au-delà du Danube, le battit de nouveau a Hochstœdt, le força à signer l’armistice de Parsdorff ; et, lors de la reprise des hostilités, remporta la victoire de Hohenlinden, dont nous avons parlé précédemment, victoire qui lui ouvrait les portes de Vienne, si la capitale de l’Autriche n’avait été sauvée par l’armistice de Steyer. La victoire d’Hochstœdt avait été remportée sur une ligne très étendue et avait livré à moreau la rive gauche du Danube ; et, c'est à la suite de ces évènements que se place l’action courageuse des soldats nageurs. Le général poursuivit Kray sur le Lech et l’Iser, s’empara de Munich et ne fut arrêté dans son invasion que par la convention d’Alexandrie (15 juillet).
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Petit mangin
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Mar 9 Oct - 12:03

LES MARECHAUX-DES-LOGIS MOREAU ET PIERRON

(25 décembre 1800)


Le 25 décembre 1800, l’armée française, envoyée en Italie, traversa le Mincio malgré les efforts faits par l’armée impériale autrichienne pour empêcher nos soldats d’effectuer le passage de ce fleuve. Mais, ce ne fut point sans avoir combattu vigoureusement pendant une grande partie de la journée. Par trois fois, la petite ville de Pozzolo, en face de laquelle les nôtres passaient le Mincio, fut successivement prise et reprise par les Autrichiens et les Français : elle demeura enfin en notre pouvoir.
Dans son rapport sur ce combat acharné, qui prit le nom de combat de Mozembano, le général Mounier disait : « les troupes ont combattu avec le plus grand courage ; elles ont bravé la cavalerie ennemie, culbuté ses plus beaux bataillons, et conservé le champ de bataille, après avoir fait supporter à l’ennemi une perte énorme en tués et blessés, lui avoir fait mille prisonniers, pris trois canons et un drapeau : elles ont rivalisé de gloire. »
Quarante-six mille Autrichiens étaient en ligne ce jour-là sous les ordres des généraux Zach et Bellegarde, qui disposaient de douze régiments de cavalerie. Les Français étaient bien inférieurs en nombre (14,000 tout au plus), et, en fait de cavalerie, n’avaient guère à opposer aux charges impétueuses de l’ennemi que le 11ème régiment de hussards, mais les braves cavaliers français suppléèrent à leur petit nombre par des prodiges d’audace. Dans un rapport particulier sur les divers faits du début de la campagne, le général Avice parle en ces termes de la conduite du 11ème hussards, à Mozembano :
« Au passage du Mincio, le 4 nivôse (25 décembre), le régiment ne cessa de servir du matin au soir ; il exécuta et renouvela plusieurs charges avantageuses contre l’ennemi toujours supérieur en nombre. Les deux escadrons, attachés à la division du général Watrin, chargèrent une colonne formidable, la culbutèrent et firent plus de trois cents prisonniers. – un maréchal-des-logis en chef prit un drapeau. Les deux escadrons, attachés à la division du général Mounier, essuyèrent un feu continuel d’artillerie et de mousqueterie pendant toute la journée, pour soutenir l’infanterie ; ils firent éprouver à l’ennemi des pertes considérables, par différentes charges faites à propos, et lui enlevèrent des canons, outre un grand nombre de prisonniers. – Les canons furent pris par Moreau, maréchal-des-logis, et Lagrenade, brigadier, pour qui il a été demandé des sabres d’honneur. »
Et le général Avice ajoutait en Post-Scriptum : « C’est pour la troisième fois qu’il a été demandé une récompense d’honneur pour le maréchal-des-logis Moreau »
Le sous-officier Moreau était un véritable héros et l’insistance du général, à son sujet, était bien justifiée par ses diverses actions d’éclat. C’était lui qui, le premier de l’armée, avait passé le Mincio sous le feu ennemi ; puis quelques instants plus tard, à la tête d’un faible peloton de hussards, l’intrépide maréchal-des-logis avait fait quatre cents prisonniers près de Mozembano et ramené en outre deux pièces de canon.
Instruit de sa belle conduite, le premier-consul lui décerna, quelque temps après, un sabre d’honneur et, plus tard, le décora de la légion d’honneur.
Quant à l’autre sous-officier du 11ème hussards qui avait, ce jour-là, pris un drapeau à l’ennemi, c’était le maréchal-des-logis chef Pierron, - un intrépide et un brave encore celui-là.
Comme il rapportait triomphalement son trophée, il se trouva en présence du général Watrin qui, dans le but d’exciter le courage des troupes, lui donna l’ordre de passer au galop devant le front de la division en montrant à tous le drapeau ennemi. Pierron obéit incontinent. Mais, devenu le point de mire de l’infanterie ennemie, il fut atteint par une balle qui lui fracassa la mâchoire. Ajoutons que le maréchal-des-logis chef Pierron fut fait sous-lieutenant sur le champ de bataille.
A la fin de la campagne, « sa belle conduite ayant été rapportée par plusieurs officiers généraux, il reçut un sabre d’honneur. Déjà, il s’était distingué à la bataille de la Trebbia et y avait été blessé à la tête. Mis à l’ordre du jour de l’armée, après le passage du Mincio, il fut, dans la suite, membre de la légion d’honneur et passa au service du roi de Naples, Murat. »

*
* *

Deux mois après ces évènements si glorieux pour nos armes, la paix était signée à Lunéville. L’empereur d’Autriche acceptait les bases du traité de Campo-Formio, qui donnait la rive gauche du Rhin à la France, et rejetait l’Autriche derrière l’Adige. Il reconnaissait les républiques bataves, helvétique, ligurienne et cisalpine, cette dernière possédant toute la vallée du Pô, depuis la Sésia et le Tanaro, jusqu’à l’Adriatique, et le nouveau royaume d’Etrurie, formé pour la branche espagnole de parme, aux dépens du grand-duc de Toscane, frère de l’empereur.
La cour de Naples, menacée par une armée que Murat conduisait, se hâta de promettre qu’elle fermerait ses portes aux Anglais, et reçut garnison française dans Otrante, Tarente et Brindes. Nous avions déjà des troupes à Livourne et à Ancône ; l’Italie était donc tout entière à notre discrétion. L’Espagne s’engageait à forcer le Portugal, par une invasion, à déserter l’alliance anglaise. Le czar offrait son amitié à la France réorganisée qui venait de briser la seconde coalition et d’imposer la paix au continent.
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Mar 9 Oct - 13:38

Merci mon petit mangin

C'est un réel plaisir de lire tes documentations et je crois qu'il va faloir changer ton nom de combat que dis tu de DICO un peu comme DOC.
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Mer 10 Oct - 9:22

JOSEPH VIGIER

(1800 – 1805)


En l’an IX, dans la Pouille, joseph Vigier, alors caporal, prit avec quatre grenadiers un chef de brigands que vingt-cinq sbires n’avaient pas osé arrêter. Les offres d’argent que celui-ci fit pour acheter sa liberté, ne trouvèrent aucun accès auprès de Vigier : les tentatives d’évasion faites par la bande de ce chef, loin de l’intimider, ne lui servirent qu’à s’emparer, en outre, de deux de ses complices. Le duc de Dalmatie le récompensa de sa conduite en lui donnant le grade de sergent : il allait bientôt avoir l’occasion de se distinguer de nouveau.
En effet, à l’affaire de nuit du 25 brumaire, an XIV, le général Levasseur demanda quelques hommes de bonne volonté à une compagnie placée pour observer les mouvements des Russes.
Cette compagnie venait d’avoir plusieurs hommes tués et blessés en remplissant des missions difficiles. Comme personne ne bougeait, le général s’écria :
- N’y a-t-il plus de braves gens dans cette compagnie ?
- Pardon, répondit le sergent-major Vigier qui, se tournant vers les soldats, s’écria :
- Qui vient avec moi ?
Parmi ceux qui se présentèrent, six furent désignés pour l’accompagner. Ils trouvèrent et tuèrent quelques Russes, et furent félicités par le général Levasseur de la manière dont ils avaient accompli leur périlleuse mission.
A Austerlitz, le général Vandamme pressait fortement la prise du village de Telnitz. Vigier dit à la garde de l’aigle, qu’il portait :
- Mes amis, donnons l’exemple, marchons !
Il allait si loin, au milieu d’une grêle de balles et de mitraille, que son chef de bataillon, craignant pour l’aigle, voulu le faire rétrograder. Mais, son élan avait entraîné les tirailleurs en foule. La colonne suivit et jeta les Russes dans l’étang de Telnitz.
Vigier fut, pour ce fait, nommé sous-lieutenant (1)
Vigier conquit successivement, par la suite, les grades de lieutenant et de capitaine par de nouvelles actions d’éclat, notamment au siège d’Astorga, le 20 avril 1810 et le 14 octobre 1811 auprès de Santonia, en Espagne.

(1) Historique du 75ème régiment d’infanterie, par le capitaine Gérôme.
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Mer 10 Oct - 10:11

Very Happy "petit mangin" toi qui un rayon sur les sous-officiers , peu tu me dire si tu a connaissance d'un ou des sous-officiers ayant servis les régiments suisses , je te remercie
Amitiés
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Mer 10 Oct - 11:35

Afin de limiter au mieux mes recherches j’aurais besoin d’en savoir un peu plus sur votre régiment.
Entre autre le noms de certains emplumés qui commandait votre régiment. Campagnes, Batailles auquel ils ont pu participer ?
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Mer 10 Oct - 13:42

Ok je vais faire une petite recherche et j'envoie tout cela
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Jeu 11 Oct - 9:37

CURELY, DU 7ème HUSSARDS

(1793 – 1806)


Engagé volontaire le 5 avril 1792, Curély devenait fourrier au 7ème hussards, quelques mois après, le 16 ventôse, an II. A partir de cette époque, jusqu’à sa nomination de sous lieutenant au corps, au mois de janvier 1806, le sous-officier Curély, - sauf pendant la période de paix de 1801 à 1805, - prit chaque année une part active aux diverses campagnes de la république et de l’Empire et s’illustra dans de nombreuses rencontres. Grâce à son excellente idée d’écrire chaque jour le journal des faits qui s’étaient passés sous ses yeux et des actions auxquelles il avait pris part, nous allons pouvoir citer ici plusieurs des traits héroïques et avisés de ce brave cavalier, traits qui lui ont valu sa nomination de chevalier de la légion d’honneur le 20 janvier 1806, presque au début de la création de l’ordre.
Voici tout d’abord les différents grades qu’il a successivement obtenus au 7ème hussards :
Fourrier le 16 ventôse an II ; maréchal-des-logis chef le 26 fructidor an VIII, adjudant sous-officier le 26 messidor an X ; sous-lieutenant le 5 janvier 1806 ; lieutenant le 26 mars 1807.
Malgré les nombreuses actions d’éclat dont il a été le héros, Curély a mis douze ans pour obtenir l’épaulette : ces douze années de stage, comme sous-officier, lui donnent bien le droit de figurer dans le présent récit. Et encore, ne mentionnerons-nous ici que les plus remarquables des actions du brave hussard.
Curély reçut le baptême du feu, dans une escarmouche d’avant-postes, à l’armée de la Moselle, le 30 octobre 1793, et, pour ses débuts, fit prisonnier un fantassin autrichien avec son fusil, ce qui lui valut une gratification de cinquante francs en assignats. Il se trouvait, d’ailleurs, à bonne école dans ce 7ème hussards où étaient demeurés plusieurs cavaliers et sous officiers du 4ème escadron des anciens hussards de Conflans, célèbres sous la monarchie par leur courage et leur audace. Les exemples, en ce genre, ne lui manquèrent point dès le début de la campagne.
En voici un, entre autres, dont le maréchal-des-logis fourrier, Hugues fut le héros le 8 novembre 1793 : celui-ci, quoique blessé d’un coup de sabre dans une rencontre près de Bouxwiller, n’en fit pas moins prisonniers cinq hussards ennemis et le ramena avec lui au camp.
Trois ans plus tard, pendant le siège de Kehl, c’était le brigadier Brachet qui, dans une sortie, le 22 novembre 1796, traversait la ligne ennemie, parvenait aux retranchements des assiégeants et, en compagnie de trois hussards, s’emparait de huit pièces de canon après avoir sabré les canonniers qui les servaient.
Curely était brave, -il le prouva dans maintes rencontres,- mais il avait, par surcroît, l’esprit prompt et avisé, ce qui doublait ses moyens pour réussir et se tirer d’affaire dans la plupart des circonstances périlleuses ou difficiles. Témoin l’aventure qui lui arriva en Suisse, le 4 mars 1798, et qu’il raconte lui-même de la façon suivante :
« J’étais alors fourrier, dit-il, et je fus envoyé ce jour-là en compagnie de deux hussards chercher du fourrage. J’avais fait à peu près une lieue sur la rive droite de l’armée, quand j’aperçus un village qui me parut être à même de fournir les rations nécessaires et il fallut, pour m’y rendre, traverser un pont situé sur une espèce de canal. Mes fourrages faits, je m’en revins avec mes deux hussards, mais je trouvai le pont occupé par cent hommes d’infanterie suisse. Il n’y avait pas à marchander et je n’avais d’autre alternative que de me laisser faire prisonnier ou de tromper ces braves gens. C’est ce dernier parti que je pris : l’officier commandant allait ordonner le feu sur nous ; je lui criai que je voulais parlementer ; il s’y prêta de bonne grâce. Je lui appris donc que les hostilités avaient cessé depuis trois heures et que j’étais chargé d’en donner la nouvelle à toutes les troupes suisses et françaises que je rencontrais sur ma route ; il m’objecta que, cependant, on tirait des coups de fusil du coté de Frauenbrunnen ; je les entendais aussi bien que lui, mais je dis que sans doute c’étaient quelques soldats qui déchargeaient leurs armes, car pour sûr les hostilités avaient cessé. Le brave homme me crut, et nous passâmes, mes hussards et moi. »
le 25 mai de l’année suivante, au combat de Frauenfeld, Curély, ayant remarqué un hussard autrichien qui s’était porté trop en avant des siens pour observer les nôtres, se lança de côté de façon à le dépasser et à le tourner. Quand il se trouva entre les escadrons ennemis et le hussard autrichien, il revint bride abattue sur celui-ci, le sabra, le démonta et s’empara de son cheval.
Le surlendemain, dans un nouveau combat à Winterthürr, auprès de Frauenfeld, le 7ème hussards eut à soutenir plusieurs charges, et Curély trouva encore l’occasion de se distinguer par son courage et sa présence d’esprit. Dans l’une de ces charges, « un grand caporal de Barco-hussards, raconte-t-il, s’avança pour me charger ; je pensai que je n’étais pas de force à faire le coup de sabre avec un pareil gaillard. Je ne pris que le temps de laisser tomber mon sabre pendu à la dragonne ; je saisis du même mouvement l’un de mes pistolets, et, au moment où il me lançait son coup de sabre, je baissai la tête et lui plaçai le bout de mon pistolet sous le menton ; je l’étendis raide-mort et je m’emparai alors de son cheval. »
Dans cette même année 1799, quelques mois après ce duel bizarre, le 7 octobre, toujours à l’armée du Danube, Curély découvre une ruse de l’armée ennemie et empêche la nôtre d’être surprise à Diessenhoffen.

Nous retrouvons encore le maréchal-des-logis chef Curély à la bataille de Saltzbourg, le 13 décembre 1800, où il est blessé par un boulet de canon, en faisant des prodiges de valeur. Mais, sa blessure n’empêcha point ce sabreur intrépide de se distinguer encore six jours plus tard : en effet, le 19 décembre, à l’affaire de Kremsmunster, Curély réussit à enlever cinquante cuirassiers ennemis installés au bivouac.
La période de paix, de 1801 à 1805, interrompit forcément la série des actions d’éclat de Curely. Mais, s’il avait été forcé de se reposer pendant quatre ans, il se rattrapa avec éclat dès le début de la campagne sur le Rhin et le Danube. Il était alors adjudant sous-officier.
Après le combat de Maria-Zell, le chef d’escadron Méda, avec cent hommes du 7ème hussards, fut chargé de poursuivre un corps ennemi qui se retirait en déroute : il choisit Curély pour commander son avant-garde composée de vingt sous-officiers et hussards, et lui donna l’ordre de charger à outrance dès qu’il atteindrait l’ennemi.
Cette poursuite commença le 9 novembre 1805. ce jour-là, Curély fit prisonniers un grand nombre de traînards, et termina sa journée en entrant comme un tourbillon, à dix heures du soir, dans un camp ennemi, où la charge qu’il y fit avec sa poignée d’hommes en poussant de grands cris, causa une surprise dont on peut s’imaginer l’effet et y mit un désordre complet, fort utile à nos opérations.
Le lendemain, 10, la journée fut encore mieux remplie par lui. Mais, laissons la parole à l’héroïque sous officier :

« Le détachement, dit-il, se remit en marche de grand matin et, à une lieue avant d’arriver à Afflenz, je pris avec mes vingt hommes plus de trois cents fantassins. Je continuais à marcher en avant, lorsque, dans un chemin fort creux qui ne pouvait contenir que cinq cavaliers de front, mon détachement fut tout à coup chargé par le régiment de Meerfeld-uhlans, fort de plus de 500 chevaux. Il n’y avait pas de milieu, il fallait payer d’audace pour vaincre en ne sortant pas de mon chemin creux. Alors, au lieu de rebrousser chemin, je partis au galop : le choc fut rude et le combat dura près de dix minutes de front, corps à corps, jusqu’à ce que l’ennemi, apercevant le détachement du commandant qui arrivait, crut que c’était la tête d’une colonne considérable et, faisant demi-tour, battit en retraite. Je le poursuivis jusque dans la ville d’Afflenz et lui fis beaucoup de prisonniers, tandis que le chef d’escadrons se tenait sur la hauteur avec ses quatre-vingts hommes.
Pendant le combat, la lame de mon sabre se cassa en frappant sur le visage d’un uhlan. Je n’eus que le temps de prendre le sabre d’un hussard qui était à côté de moi et qui, se jetant en arrière, fut immédiatement remplacé par son serre file »
Telle fut la dernière action d’éclat accomplie par Curély en qualité de sous-officier. Son intrépidité et son audace lui ont, à la fin, valu les épaulettes ; c’est dorénavant en qualité d’officier qu’il va continuer la série de ses prouesses dont nous nous bornerons maintenant à mentionner la plus belle, -le fait incroyable, mais vrai, de la prise d’une ville forte par vingt-cinq cavaliers.
Chargé d’aller avec vingt-cinq hussards faire une reconnaissance sur Leipzig, Curély partit dans la nuit du 12 au 13 octobre 1806, réussit à s’emparer des portes, et causa une telle frayeur dans la ville que, dès le premier abord, la garnison s’enfuit en désordre et qu’il demeura une journée entière maître de la place avec sa poignée d’hommes.
Nous avons vu, au début de ce chapitre, que Curély conquit tous ses grades au 7ème hussards jusqu’à celui de lieutenant : il y fut encore promu capitaine à la fin de 1808, et quitta le régiment au commencement de l’année suivante pour devenir l’aide de camp du général Edouard Colbert, qui avait été son colonel au 7ème hussard.
Successivement chef d’escadron, colonel et général de brigade, il fut contraint par le gouvernement de la restauration de se retirer de l’armée et vécu à Jaulny, dans la Moselle, en s’occupant d’agriculture.
Ce fut là qu’il mourut le 19 novembre 1827, dans la force de l’âge, frappé d’une attaque d’apoplexie foudroyante.
Pendant vingt-deux ans, six mois et vingt-huit jours qu’il était resté à l’armée, Curély avait presque constamment fait campagne, assisté à près de cent batailles et combats et reçu six blessures.
Le général Colbert, dont il fut l’aide de camp en 1809, disait que ce rude sabreur avait, de sa main, tué la valeur d’un régiment de uhlans, dans le cours de sa carrière militaire.
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Ven 12 Oct - 9:31

EUGÈNE CHARTROUSSE

(1793-1806)

Rien ne semblait impossible à certains soldats de la Révolution et de l'Empire, et rien, en effet, n'était impossible à leur héroïque audace. On en aura la preuve par le résumé des Etats de services d'Eugène Chartrousse, sous-officier au 11e régiment de hussards, tel que nous le trouvons dans les Fastes de la Légion d'honneur. C'est la seule trace qui subsiste des actions d'éclat de ce héros, — rival de Curély, — et nous citons textuellement :
Chartrousse (Eugène), né à Tullins (Isère) en 1777, entra comme réquisitionnaire au 11ème de hussards en l'an II(1793), fit les campagnes des ans II, III et IV, dans l'ouest, et passa à l'armée du Rhin et Moselle.
En l'an VI, au passage du pont de Guemins, en Suisse, suivi de trois de ses camarades, il s'élança sur le pont défendu par quatre bataillons et de l'artillerie, les força à battre en retraite et à livrer passage à la colonne française.
Incorporé dans les guides de Brune, commandant l'armée d'Italie, il devint brigadier et maréchal-des-logis en l'an IX : il se trouvait en Hollande quand les Anglo-Russes débarquèrent. Un de ses camarades, enveloppé par un groupe nombreux de cavaliers ennemis, était sur le point de succomber. II vola à son secours, le dégagea et fit prisonnier l'officier qui les commandait.
Passé dans les chasseurs de la garde et membre de la Légion d'honneur, il fait les campagnes d'Autriche et y fut tué en duel, le 28 mai 1806.
C'est égal, quatre cavaliers mettant en fuite, à eux seuls, quatre bataillons soutenus par de l'artillerie, voilà un trait d'une audace peu commune. On aurait peine à croire vrai un pareil fait, s'il n'était attesté par des documents authentiques.
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Ven 12 Oct - 14:14

Mais ces articles viennent de toi, petit Mangin ? (car il faudrait alors les signer pour ne pas qu'on te les pique !) Wink

king
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Ven 12 Oct - 14:24

Salut Mon ami Versaille je ne sais pas si c'est de lui mais j'aime bien ce qu'il met c'est assez instructifs.......

Et comme je dirais "de fil en auiguille....." comme tu peux le voir celà lui va comme un gant (Je ne sais pas d'ou me viens cet inspiration aujourd'hui????).

Amitié Pied Rouge
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Ven 12 Oct - 14:28

Si je les diffuse c’est bien pour en faire profiter tout le monde et la plupart son facile à retrouver seul quelques commentaires auraient le mérite de porter ma signature mais pour le peut que j’y apporte, ça n’en vaut pas la peine.
Libre à celui qui veut de les copier le but étant de se faire plaisir avant tout, n’est ce pas ?
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Ven 12 Oct - 14:36

Salut mon ami PM

De Mon côté je les copies pour les stocker et les lires lors de repos ou dans le train le soir.
Je découvre quand même que tu es un bon documentaliste.....J'attend que tu me trouve tout ce que tu peux sur les hommes célèbres du 4 de ligne 2° bataillon et 2° demi Brigade pour mon infromation perso......

Je t'en remerci d'avance.....

Amitié Pied Rouge
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Ven 12 Oct - 14:41

Et voila!!!!
Tout le monde commence à passer sa commande.

lol!
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Ven 12 Oct - 14:50

c est un réel plaisir que de lire tes article mon ami

_________________
plus tot resolu a crever que de ne pas tenir bon

pro victoriam semper
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Lun 15 Oct - 9:34

LE MARÉCHAL-DES-LOGIS HOLDRINET ET LE BRIGADIER GIGOT

(8 et 11 octobre 1805)

Pendant la campagne d'Autriche, en 1805, deux sous-officiers du 2° dragons se distinguèrent d'une façon particulière, les 8 et il octobre, d'abord au combat de Wertingen, puis en avant d'Albeck. Le 1er et le 2e dragons se couvrirent d'ailleurs de gloire dans la première journée où leurs charges audacieuses nous assurèrent la victoire. Napoléon Ier fut si content de leur conduite, à Wertingen, qu'il se fit amener, par régiment, un dragon auquel il remit l'aigle de la Légion d'honneur. Celui des braves du 3e dragons qui fut ainsi admis à l'honneur envié de se présenter devant l'empereur, fut vraisemblablement le maréchal-des-logis Holdrinet, que le général Klein proposa pour la croix avec les notes suivantes :

« A travers les rangs de l'infanterie ennemie, a chargé sur des hommes qui se trouvaient au-delà, en a tué un, blessé plusieurs et ramené deux prisonniers. »

Deux jours après, en avant d'Albeck, nouveau combat, dans lequel le brigadier Gigot, s'élançant intrépidement en tète de ses camarades qu'il distance, arrive le premier sur un bataillon d'infanterie ennemie avec une telle impétuosité qu'il rompt les premiers rangs, dans lesquels il se fait jour à coups de sabre, en criant au bataillon de se rendre. Il parvient ainsi jusqu'au colonel qu'il fait prisonnier. Sur ces entrefaites, le peloton de dragons arrive à son tour, et, les fantassins ennemis, intimidés par l'audace du brave brigadier, mettent aussitôt bas les armes.

Le colonel, fait prisonnier, offrit à Gigot sa bourse et sa montre pour recouvrer sa liberté. Le brigadier refusa; il fut cité à l'ordre de l'armée.
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Mar 16 Oct - 9:08

LE FOURRIER BLANCHARD

(2 décembre 1805)

A la bataille d'Austerlitz (2 décembre 1805), l'une des plus belles victoires remportées par le génie de Napoléon Ier, les grenadiers d'Oudinot furent lancés à l'assaut du plateau de Pratzen, et culbutèrent les corps ennemis qui s'y trouvaient avec les deux empereurs de Russie et d'Autriche : ceux-ci en furent ainsi délogés et refoulés vers Austerlitz, Mais, les Russes ne se résignèrent point aisément à la perte d'une position aussi importante et, durant tout le reste de la journée, leurs réserves tentèrent constamment de reprendre le plateau où avait pris position tout le corps du maréchal Soult.
Pendant cette lutte acharnée et sans cesse renouvelée, le fourrier Blanchard avait été placé à la garde du drapeau de l'un des régiments des grenadiers Oudinot. Nul plus que lui n'était digne de défendre ce glorieux étendard qu'il conserva héroïquement au prix des plus grands efforts. Les Russes se ruaient à chaque instant sur le fourrier et le petit peloton de grenadiers qui l'entourait, afin de s'emparer du drapeau français, mais, chaque fois, l'énergie de la défense de ces quelques braves le préserva de leur atteinte.
Blanchard, ce jour-là, fut successivement blessé de plusieurs coups de feu, mais ses blessures elles-mêmes ne l'empêchèrent pas de tenir haut et ferme et de garder le drapeau. Il demeura fièrement à son poste jusqu'à la fin de l'action.
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Mer 17 Oct - 10:00

LE SERGENT-MAJOR BAILLY

(2 décembre 1805)

A cette même attaque du plateau de Pratzen où les grenadiers d'Oudinot firent merveille, le 2 décembre 1805, un sergent-major du 55e de ligne trouva une mort glorieuse en accomplissant héroïquement son devoir, sans hésitation et sans faiblesse.
Au moment le plus terrible de la bataille, pendant la prise des hauteurs de Pratzen, alors que la première ligne russe venait d'être refoulée et qu'on était aux prises avec la deuxième ligne, le sergent-major Bailly, lisons-nous dans Victoires et Conquêtes (Biographie militaire, tome XXV), « voit une file de son peloton enlevée par un boulet; il la fait aussitôt remplacer : un deuxième boulet l'enlève comme la première; il s'occupe à la reformer, lorsqu'un troisième boulet tue deux hommes déjà placés et lui emporte la jambe. On veut lui donner des secours : — Non, mes amis, dit-il avec fermeté, après le combat; c'est l'ordre.
« Puis, il enveloppe lui-même sa cuisse et expire sur le champ de bataille. »
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Lun 22 Oct - 9:47

LE CAPORAL GONZEGABÉ ET LE TAMBOUR-MAJOR RAUCHON

(2 décembre 1805)

De toutes les batailles du commencement de notre siècle, celle d'Austerlitz est, sans contredit, une de celles où l'héroïsme de nos officiers et de nos soldats fut le plus grand et le plus admirable. Cette glorieuse journée fut fertile en actions d'éclat et en traits de dévouement. Sans vouloir les citer tous, qu'il nous soit cependant permis, à la suite du fourrier Blanchard et du sergent-major Bailly, de mentionner encore deux vaillants sous-officiers du 18e de ligne.
Au moment où les bataillons du régiment, déjà deux fois repoussés par les Russes, revenaient à la charge avec une ardeur infatigable, (leurs chefs combattaient à pied à leur tête, car leurs chevaux avaient été tués), le caporal Gonzegabé fut grièvement blessé. Quelques-uns de ses camarades, qui le voient tomber, se précipitent auprès de lui pour lui porter secours. Mais, l'héroïque sous-officier les éloigne en disant :
— Je recevrai vos soins après la bataille; maintenant, vous avez autre chose à faire.
Un instant après, Rauchon, tambour-major du régiment, se trouve presque isolé, car tous ses tambours viennent d'être tués ou blessés autour de lui. Lui-même a le bras gauche traversé par un éclat d'obus. Aucun tambour ne résonne plus pour animer les soldats au combat : Rauchon n'hésite pas. Malgré sa blessure, il prend la caisse d'un de ses hommes tombés sur le champ de bataille et se met à battre vigoureusement la charge. Il contribue ainsi à enlever le régiment dont la marche guerrière, exécutée par Rauchon, renouvelle et excite 1! ardeur.
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Mar 23 Oct - 16:26

LE SERGENT D'ARTILLERIE BAUROTTE

(16 avril 1807)

Vers la fin de la glorieuse campagne de Prusse—qui avait été provoquée par la quatrième grande coalition formée contre l'empire français parla Prusse, la Russie et l'Angleterre, — et, peu après la sanglante bataille d'Eylau (8 février 1807), un corps français, commandé par Jérôme Bonaparte, assiégeait la ville de Neisse, en Silosie, sur la rivière du même nom (rivière qu'il ne faut pas confondre avec la Neisse qui traverse l'Allemagne après avoir pris sa source en Bohême), Si, de notre côté, les travaux d'investissement étaient poussés avec ardeur, les assiégés se défendaient également avec courage : C'était un échange continuel de boulets et d'obus.
Or, le 16 avril 1807, dans la batterie française à laquelle était attaché le sergent d'artillerie Baurotte, arriva un obus prussien qui, après avoir traversé le parapet en fascines recouvertes de terre, s'introduisit dans le petit magasin à poudre creusé à l'angle de la batterie. Dans ce magasin se trouvait, outre les gargousses de poudre, toute une provision de bombes et d'obus chargés, — et tout cela allait infailliblement produire une explosion terrible dès qu'éclaterait l'obus prussien.
Tout le monde, dans la batterie, se rend compte de l'imminence du danger qui menace la vie de tous; les servants sont frappés de stupeur-, seul, Baurotte conserve son sang-froid et prend résolument un parti désespéré.
Sans souci du péril encore plus grand auquel il va s'exposer, le sergent Baurotte s'introduit en rampant sur les genoux dans le réduit qui semble receler la mort dans son sein; il saisit l'obus entre ses bras et revient à reculons jusque dans la batterie, à l'extrémité de laquelle il fait rouler le projectile ennemi qui éclate alors sans atteindre personne.
En agissant ainsi, le sergent Baurotte avait évidemment fait le sacrifice de sa vie dans l'espoir de sauver celle de ses camarades, car il était bien peu probable que l'obus lui donnerait, sans éclater, le temps de le transporter et de le jeter au bout de la batterie : il y avait grande apparence, en effet, que l'explosion se produirait plutôt quand l'engin meurtrier était encore entre ses bras et dont les éclats devaient lui déchiqueter horriblement le corps. Aussi, la croix de la Légion d'honneur ne tarda-t-elle point à récompenser l'héroïque dévouement du brave sergent.
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Mer 24 Oct - 9:29

LE CORNETTE FORTUNAT

(mai 1807)

Pendant cette même campagne de Prusse, et trois semaines après que le sergent Baurotte eut accompli, au siège de Neisse, l'acte de dévouement héroïque qui lui valut la croix d'honneur, un autre brave, le cornette Fortunat, sous les murs de Dant-zig alors assiégé par l'armée française, se distingua par un trait en tout point semblable à ceux que nous avons déjà racontés du chevalier d'Assas, du sergent Dubois et du caporal Morel. Seulement, le brave cornette fut, dans cette aventure, plus heureux que ses devanciers, car son action patriotique ne lui coûta pas la vie.
C'était dans la nuit du 6 au 7 mai 1807. Deux cent cinquante Français venaient de s'emparer d'une grande redoute située dans une des îles de la Vistule et attendaient impatiemment, afin d'être assurés de se maintenir sur la position conquise, un renfort qui se faisait attendre. Toutefois, pour ne pas se laisser surprendre par un retour offensif de l'ennemi, le commandant du détachement français envoya un éclaireur, le cornette Fortunat, avec ordre de s'assurer exactement de la position prise par les précédents occupants de la redoute.
La nuit était noire; on y voyait à peine pour se diriger. Aussi, au bout de quelques pas, le malheureux éclaireur tomba-t-il au milieu des soldats russes, dont le commandant lui mit aussitôt la pointe de l’épée sur la poitrine, en le menaçant de le tuer s'il poussait le moindre cri. En même temps, le commandant russe, se tournant vers les nôtres, leur cria en français :
— Ne tirez pas, nous sommes Français.
Mais, Fortunat ne se laissa pas émouvoir par la perspective de la mort; et, ne connaissant que son devoir, cria à son tour de toute sa force :
— Camarades, faites feu! ce sont les Russes!
En présence de ces deux cris contradictoires, les Français s'abstinrent de tirer, et le commandant russe ne mit point sa menace à exécution : il se borna à garder prisonnier le brave cornette Fortunat dont il ne pouvait s'empêcher d'admirer l'héroïsme.
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MessageSujet: Re: Sous-off...   Ven 26 Oct - 10:55

PIERRE GUINOT

(1808)

Au premier siège de Sarragosse, le 4 août. 1808, le sergent-major Pierre Guinot, du 44ème de ligne, fut appelé à commander sa compagnie de voltigeurs et chargé d'occuper avec elle une maison, sur le Corso. Mais, à peine les Français avaient-ils réussi à s'installer dans cette maison, qu'ils y furent attaqués avec acharnement par une troupe considérable d'ennemis. Guinot et ses hommes résistèrent avec la plus grande intrépidité : quand on n'eut plus de cartouches, on se défendit à la baïonnette contre douze cents Espagnols qui, à chaque instant, tentaient d'escalader les fenêtres. Après en avoir tué un grand nombre, Je brave sergent-major resta maître de la position : soixante et un de ses voltigeurs avaient été tués à ses côtés.
Quelques mois plus tard, le 28 octobre, Guinot se signala encore par une nouvelle action d'éclat : il passa le premier à la nage la rivière d'Ega, pour couper la retraite à un corps ennemi qui fut en entier fait prisonnier ce jour-là.
Ces deux actions valurent l'épaulette à Guinot. Devenu officier, celui-ci continua, d'ailleurs, à donner maintes preuves d'héroïsme. Nous ne citerons que deux nouveaux traits de lui, que nous trouvons mentionnés en ces termes :
D'abord, le 27 avril 1812, toujours en Espagne, la 4e compagnie du 1er bataillon, que Guinot commandait comme lieutenant, étant attaquée à huit heures du matin à Alzonoka (en Valence) par une compagnie de huit cents partisans, il réunit autour de lui les trente hommes qui sont le plus tôt prêts, et se précipite à la baïonnette contre les assaillants. Il en tue neuf de sa main, en blesse plusieurs autres, et met le reste en fuite, laissant deux cents hommes sur le champ de bataille.
Puis, le 21 juillet 1812, aux combats d'Ybi et de Castella, se trouvant de garde dans un retranchement avec cinquante hommes, il fait une sortie avec trente hommes de sa garde dans la ville d'Ybi, se précipite à la baïonnette sur un bataillon espagnol de six cents hommes, en tue dix, en blesse cinq, fait quarante-trois prisonniers, met le reste en déroute, le chasse du village et l'expose à une charge de cuirassiers qui achève de le tailler en pièces.
Pierre Guinot, qui était arrivé à l'armée comme conscrit en 1799, fit toute sa carrière militaire au même régiment, le 44e de ligne ; il y fut nommé capitaine le 3 novembre 1812, et mourut au champ d'honneur le 16 avril 1814.
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